B. GUEPRATTE met le feu à PARIS*

« J’ai un ticket possible pour le marathon de PARIS si ça te dit » me dit à l’entrainement un gars du club d’en face.  C’est comme cela que je me retrouve sur les Champs Élysée, 21 ans après,  en short et en polaire. Froid intense avec un grand soleil et toujours cette ambiance conviviale, chaleureuse, cosy comme on peut la retrouver quand on a 57 000 personnes à dîner.

H-20 mn. Tentative pour rentrer dans le sas de départ. Derrière ça pousse et parle néerlandais, anglais, italien et plein d’autres dialectes. Photos des Champs devant  et derrière moi. Je crois que tout le monde est là.

H 0. Après avoir retiré et jeté ma polaire, qui sera recyclée, dans l’espace prévu  je remets ma ceinture porte gels et passe sous l’arche de départ. Des milliers de vêtements seront récupérés  et reconditionnés. Le PARIS SCHNEIDER MARATHON se veut vert et avec une empreinte carbone nulle. J’aime ça.

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faire demi tour sur les champs Elysée le jour du marathon…

500 mètres de course et une pointe au mollet. C’est furtif et je me retourne pour me rendre compte que c’est un gel qui m’a agressé en tombant. J’ai mis la ceinture à l’envers et la moitié des gels a disparu. OUAIS ! je tente la remontée des Champs Elysée face à 10 000 coureurs. 15 mètres, 3 claques, 2 remarques désagréables et 1 gel récupéré et je laisse tomber l’affaire. Sur le premier kilomètre j’ai déjà 1 minute de retard. J’aime pas !

Les kilomètres défilent et la sensation de bien être est là. Je suis content, pas trop chaud, pas trop froid et le rythme me semble bon. Les ravitaillements m’obligent à m’arrêter et je récupère bien. Vers le 17ème un coureur s’empare de deux bouteilles de Vittel et arrose copieusement tous les bénévoles en hurlant « ALLEZ l’OM ». Il le fait avec un grand sourire alors je décide que j’aime.

Mi-parcours ; je regarde ma montre et constate que les retards pris au départ et aux ravitaillements sont comblés par une vitesse de course plus rapide. 1H45’05 c’est de la précision quasi helvétique. Je me souviens qu’à Bourg en Bresse, à la fin du semi bouclé en 1H40 on m’avait demandé si j’étais prêt à recommencer. J’avais dit non !!! Cette pensée négative altère ma bonne humeur ; obligé de faire un check up : respiration ?  ok ! Jambes ? Normales !  Ambiance ? Parfaite !  Conditions de travail ? Au top ! Allez, zou  on rentre !!! j’aime finalement ce moment.

28ème : Une mamie des beaux quartiers tente de traverser et se fait renverser juste devant moi. Pas eu le temps d’intervenir et je n’ai pas aimé. Pensée à tous les bénévoles qui se sont fait pourrir par les riverains, agacés par cette « stupide manifestation ».

Le 30ème approche. C’est la sortie des quais, un moment particulier où l’euphorie gagne le peloton dans les tunnels. Ça crie, chante, rigole, trouve finalement sympa cette balade. C’est le moment chimique où le corps est au top. Les non expérimentés oublieront de se nourrir à ce moment et prendront quelques kilomètres plus loin le fameux « mur des 30 ». Je croise une amie, arrêtée sur le côté qui prend des photos de sa famille. Elle fait le reportage à l’intérieur de la course tout en participant. Incroyable le nombre de perches à selfie qui se sont mises au marathon. Pas le réflexe de m’arrêter pour une photo ensemble. Ça y est, je suis dans le seul geste possible, à répéter jusqu’à la ligne d’arrivée. Le corps ne répond plus, S.O.S la tête. Mais les sensations sont bonnes. J’adore, surtout que je reste dans des chronos qui me surprennent. 2h30’27 au km 30.

Entre le 35 et le 40 tout se mélange. On est dans le bois de Boulogne, même ambiance qu’un samedi soir mais plus fréquenté. Ça s’arrête, ça geint, ça râle, ça s’étire, recommence à courir pour stopper 10 mètres plus loin. Alors on encourage d’une tape, d’un regard. Pour les plus démoralisés on insiste en rappelant qu’ils sont venus pour cela. Pour ces fameux 10 derniers kilomètres, pour apprécier leur « mental ». Les orchestres sont là, et les rythmes sont donnés par les tambours. La foule encourage maladroitement parfois (allez tu as fini. Il reste 5km !!!) mais elle est motivante. Tu lis ce qui est inscrit sur des panneaux. Un black de forte corpulence et sourire éclatant porte à bout de bras un panneau « ça fait un mois que je m’entraîne à brandir ce panneau. Courage ». J’éclate de rire ! Tu ne sais plus vraiment quel kilomètre tu cours. C’est vraiment la confusion jusqu’au 40ème. Mais ce n’est pas terminé pour autant. On sait que nous serons sous les 4 heures mais il reste encore au moins 12 minutes de course

photo finisherDernier kilomètre : zob le chrono, je profite et regarde tout mes copains d’un dimanche matin parisien. C’est incroyable ce qui se passe. Des tranches de vie à jamais gravées dans leur mémoire. Les potes veulent finir ensemble sous le portique d’arrivée et s’attendent. Certains sprintent en vue de l’Arc de Triomphe sans savoir qu’il reste 350 mètres et que c’est très long. D’autres rient, pleurent, sont totalement hagards. Les spectateurs tapent sur les panneaux publicitaires, crient les noms marqués sur les dossards, s’enflamment dès qu’un échange avec les coureurs se fait. Belle communion entre ceux qui cherchent un proche dans le peloton et ceux qui font de même dans le public. Mais je retiendrai seulement cette phrase d’une gamine de moins de 10 ans, informée par le tracker de la probable défaillance de son père, qui nous suppliait : « y’a quelqu’un qui peut aller dire à mon papa de recommencer à courir? !!! ». Je ne l’avais pas fait pour les gels, alors j’ai simplement souri et tranquillement fini mon 4ème marathon de PARIS. 3h33’00. J’aime.

Pour mieux comprendre :

https://tracking.news.aso.fr/l2/77kkYcsSl8/2371123/631293464.html

Merci à Bruno FERRAND  (père d’Alice) pour l’invitation (3h19’15), à David pour la prépa, à ceux qui m’ont encouragé à faire les cross (en short) tout l’hiver.

Au même moment mais à ANNECY Mégan WEGERAK prenait la 7ème place du 10 km dans la catégorie espoir en 46’51

*Titre inspiré de l’actualité du lundi 15 avril. 

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