
La Fédération française d’athlétisme va envoyer à tous les clubs, dans les jours qui viennent, une affiche « choc » qui dénonce le danger des pratiques dopantes. Sur le modèle des campagnes de lutte contre l’insécurité routière, l’objectif, avec ce visuel, est de marquer les esprits. Depuis plusieurs années, la FFA a fait de la prévention du dopage une priorité, à travers une communication à destination de tous les licenciés.
Un homme en tenue d’athlète dans un squat, en train de se piquer avec une seringue. C’est l’image « choc » choisie par la Fédération française d’athlétisme, accompagnée du sous-titre suivant : le dopage est une drogue. Au dos de l’affiche, les interrogations suivantes : Avez-vous un jour imaginé devenir toxico ? Comment allez-vous vivre une accoutumance à des produits nocifs ? Connaissez-vous les effets de ces produits sur votre santé à court et long terme ? Voulez-vous mettre votre vie en danger pour participer à une compétition sportive ? En bandeau, la réponse : « Les risques sont trop importants. Ne jouez pas avec votre vie. »

Ce type de communication offensive, qui vise à interpeller fortement, est utilisé depuis de nombreuses années dans le cadre des campagnes contre l’insécurité routière. Dans le sport, beaucoup moins. « Nous avons voulu marquer les esprits avec une affiche forte, assume Michel Marle, président du comité de prévention dopage et de l’organe disciplinaire de première instance de la FFA. Le message que nous voulons faire passer, c’est que le dopage est une drogue, avec ce que cela comporte comme risques d’accoutumance et de dérives. Il n’existe pas de petit dopage. Une démarche dopante se paye cash, avec un danger d’accident mortel, parfois même plusieurs années après. » La cible de cette communication, ce sont les adolescents et les jeunes adultes. « Les enfants peuvent aussi être interpellés, complète le Michel Marle. Les entraîneurs et les parents doivent donc être capables de leur répondre. » A noter qu’une autre affiche, plus « soft » et destinée aux jeunes pratiquants, sera bientôt dévoilée. Imaginée par une enfant, elle a été sélectionnée à l’issue d’un jeu-concours organisé l’an dernier par le comité de prévention dopage.
Un volontarisme reconnu
Dans la continuité de cette nouvelle campagne, les colloques en région sur la lutte antidopage, mis en place en 2008, reprendront à la rentrée prochaine. A chaque fois, Michel Marle ira prêcher la bonne parole, accompagné du président de la FFA ou d’un représentant. Des athlètes et des entraîneurs seront également sollicités et pourront témoigner. « Nous sommes une des rares fédérations à mettre en place des opérations de prévention, souligne Bernard Amsalem. Notre but, c’est de sensibiliser au quotidien les acteurs de l’athlétisme ».
Un volontarisme reconnu par l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), qui cite souvent en exemple la Fédération française d’athlétisme. « Nous devons continuer à être vigilants », prévient Michel Marle. La FFA reste une référence en la matière. Elle a d’ailleurs été sollicitée par les organisateurs des… Jeux hippiques mondiaux, une compétition qui se déroulera en août prochain, pour fournir des « escortes » antidopage (les personnes accompagnant le sportif désigné pour le contrôle, de la notification du contrôle à l’opération de prélèvement).
Florian Gaudin-Winer pour athle.fr